Tiébélé, un village où chaque maison est une œuvre d’art

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Tiébélé
Crédit photo : Flickr / Rita Willaert

Tiébélé est un village situé au sud du Burkina Faso. Destination touristique par excellence, il charme les visiteurs par la beauté de ses habitations. Chaque maison est un chef-d’œuvre, dont seules les femmes de l’ethnie Kassena ont le secret.

À Tiébélé, les concessions sont composées de maisons de forme ronde ou rectangulaire, qui définissent le statut social de son occupant. Les maisons rectangulaires sont occupées par les jeunes hommes et les jeunes couples, alors que les maisons rondes sont réservées aux vieux couples et aux enfants. Devant l’entrée de ces dernières, on trouve généralement un muret d’environ 50 cm. C’est une sorte de forteresse qui permettait aux Kassena de repousser l’ennemi en cas d’attaque.

Crédit photo : Flickr / Rita Willaert
Crédit photo : Flickr / Rita Wiliest
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Crédit photo : Flickr / Rita Willaert

 

Les toits des maisons servent de terrasses pour les femmes, qui y font sécher les céréales. On y dort aussi pendant la saison sèche.

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Photo: Guillaume & Pauline.

Dans ce village, l’architecture et l’esthétique occupent une place importante. La décoration des habitations est une spécialité exclusive des femmes, qui se transmet de génération en génération. Elle se fait généralement chaque année avant la saison des pluies. C’est un travail collectif entre femmes.

Crédit photo: burkinafaso-cotedazur
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Crédit photo: burkinafaso-cotedazur

Les maisons sont décorées avec des motifs symboliques pour les protéger. Chaque symbole décoratif chez les Kassena a une définition. Le lézard symbolise la vie. Le propriétaire d’une maison nouvellement bâtie doit remarquer la visite d’un lézard avant de s’y installer.
Le serpent est un totem chez les Kassena.
Le crocodile est un animal sacré et un totem pour certaines familles. Selon la légende, il aurait sauvé un des ancêtres kassena de la soif.

Crédit photo : Flickr / Rita Willaert
Crédit photo : Flickr / Rita Willaert
Crédit photo : Flickr / Rita Willaert
Crédit photo : Flickr / Rita Willaert

Selon le site du Consulat du Burkina Faso de Nice, les femmes utilisent entre autres les matériaux suivant :

  • bouse de vache liquide (« nabanou »)
  • de la latérite réduite en poudre (« sôro »)
  • du kaolin en poudre (« déra »)
  • du graphite réduit en poudre (« kandoua zom »)
  • décoction de plantes gluantes (« soro ») qui permet de fixer le graphite sur la latérite. Cette plante peut se manger dans une sauce.
  • de plumes de volaille pour peindre (« tchikougou »)
  • des cailloux plats pour lisser
  • des cailloux au bord effilé pour les incisions
  • des cailloux blancs (craie) pour les motifs
  • décoction de néré que l’on passe comme « vernis » afin de protéger les peintures

Le travail s’étale sur plusieurs couches qu’on laisse sécher à chaque étape :
1. une première couche pour mouiller la paroi qui va être peinte
2. mélanger du kaolin avec de l’eau et un peu de bouse de vache
3. étaler une couche de bouse de vache
4. étaler une couche de latérite mélangée à de la bouse de vache
5. lisser la couche avec un caillou plat

Crédit photo: burkinafaso-cotedazur
Crédit photo: burkinafaso-cotedazur