Au Sénégal, les frères de Saint-Gabriel aident les jeunes en échec scolaire à trouver un métier

Centre des frères de Saint Gabriel
Centre des frères de Saint Gabriel Crédit photo : La Croix Africa

Les frères de la congrégation de Saint-Gabriel ont ouvert au Sénégal un centre de formation pour offrir une formation technique aux jeunes en échec scolaire.

La Congrégation des frères de Saint-Gabriel a ouvert à Dakar un centre technique de formation professionnelle pour aider les jeunes, issus des quartiers défavorisés, à trouver un métier pour être indépendants.

 

Spécialisés dans l’enseignement, ces religieux ont très tôt pensé aux exclus du système scolaire. « La vocation première de ce centre technique de formation est à caractère social. Il récupère des jeunes en échec scolaire pour les former et leur donner un métier », précise le directeur du centre, le frère Pierre Diouf.

Dans un pays qui enregistre annuellement 200 000 demandeurs d’emploi âgés entre 15 et 35 ans, cette initiative est une véritable bouée de sauvetage pour les bénéficiaires. Parmi eux, 31 % sont diplômés de l’enseignement supérieur et 46 % n’ont aucune formation ou qualification.
Un centre ambitieux

À ses débuts en 1997, cet établissement technique de formation ne recevait que des élèves du quartier populaire de Fass, à Dakar, où il est implanté. Des jeunes filles et garçons, âgés entre 15 et 18 ans, étaient formés en deux ans. Mais au fil du temps, il a accueilli des jeunes tous les quartiers populaires de la banlieue dakaroise.

Avec cet engouement, les religieux ont augmenté leurs offres. « Actuellement, les formations durent trois ans. Pendant la troisième année, ces jeunes sont présentés au certificat d’aptitude professionnelle (Cap). Après le Cap, ils ont la possibilité de passer une à deux années supplémentaires pour concourir au Brevet d’études professionnelles (Bep) », a précisé le directeur.

Fier du centre technique qui « éduque, forme et enseigne » ses pensionnaires en « mécanique automobile, en électricité bâtiment et industrie et en menuiserie-ébénisterie », il ajoute : « Non seulement les élèves réussissent aux examens d’État, mais aussi on voit qu’après la formation, la plupart trouvent du travail. Ils deviennent des fonctionnaires ; ils gagnent leur vie. » Frère Pierre Diouf précise que les résultats positifs sont liés à la « bonne tenue » des enseignants dont la plupart sont des musulmans. Aux yeux de cet éducateur, le pays a besoin de techniciens pour son développement. Aussi encourage-t-il les parents à faire confiance au centre qui enregistre, chaque année, une quarantaine de nouveaux élèves.
Au service de l’église

Les religieux de Saint-Gabriel ont l’ambition de faire de ce centre « un complexe, une référence nationale » afin d’aider davantage de jeunes. Ibrahima Ndiaye, un garçon sourd-muet, plein de vie qui suit une formation en menuiserie-ébénisterie, a exprimé, avec force de gestes, son bonheur d’étudier dans l’établissement.

Le centre offre également ses services aux paroisses dont ils confectionnent les bancs d’église. Ces travaux financent, en partie, l’établissement. La dernière œuvre réalisée par les jeunes pensionnaires frères est la confection des bancs de la nouvelle église de Ouakam à Dakar.

Source : Au Sénégal, les frères de Saint-Gabriel aident les jeunes en échec scolaire à trouver un métier