Le président ghanéen veut que les jeunes africains restent en Afrique

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President Emmanuel Macron et President Nana Akufo-Addo au Palais présidentiel le 30 november 2017. AFP PHOTO PHILIPPE WOJAZER

En tournée sur le continent africain du 27 au 30 novembre dernier, le président français Emmanuel Macron s’est successivement rendu au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana. Lors de ce dernier arrêt, le chef d’État français a rencontré son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui a profité de l’occasion pour lancer un message fort à la jeunesse africaine.

Le 30 novembre dernier, dans le cadre d’une tournée africaine, le président français Emmanuel Macron s’est rendu au Ghana pour rencontrer son homologue Nana Akufo-Addo et la jeunesse locale. Notons que depuis son indépendance en 1960, c’est la première fois qu’un chef d’État français se rendait au Ghana. Une démarche qui reflète le souhait de la France de se tourner davantage vers l’Afrique anglophone.

 

Au Burkina Faso, le moment phare du passage du président Macron fut sans doute sa réaction face aux étudiants qui se sont plaints auprès de lui du manque de climatisation dans leur amphithéâtre. Faisant remarquer avec un ton d’humour qu’il s’agit du domaine de compétences du président Roch Marc Christian Kaboré et non du sien, il a souligné qu’il ne veut pas s’exprimer comme le ferait une «puissance coloniale».

Au Ghana, la dynamique a été bien différente. C’est le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, qui a retenu l’attention en lançant un message fort aux citoyens africains. Pour lui, les fils et filles du continent doivent compter davantage sur eux-mêmes, plutôt que sur le soutien économique du monde occidental. Selon Akufo-Addo, cette dépendance a montré ses limites.

« Ça n’a pas marché et ça ne marchera pas. Nous ne pouvons plus continuer à élaborer des politiques pour nous-mêmes, nos pays, nos régions et notre continent sur la base du soutien que le monde occidental, la France ou l’Union Européenne voudrait bien nous donner.» – Nana Akufo-Addo, président du ghana

Se prononçant sur la migration clandestine des jeunes africains et le calvaire de ceux-ci, notamment en Libye, le président Akufo-Addo a déclaré que les dirigeants de leurs pays d’origine doivent créer les conditions appropriées pour qu’ils profitent d’opportunités sur leur sol. Rappelant les richesses inestimables du continent africain, il a appelé ses pairs à mener une réflexion conjointe pour créer une nouvelle génération de jeunes indépendants et optimistes.

« Nous voulons que les jeunes Africains restent en Afrique. cela veut dire que nous devons nous débarrasser de cette mentalité de dépendance, cette mentalité qui nous emmène à nous demander ce que la France peut faire pour nous. La France fera ce qu’elle a à faire pour son propre bien et si cela coïncide avec nos intérêts, tant mieux, comme disent les Français.» –  Nana Akufo Addo, président du Ghana

Souhaitant voir naître une Afrique qui se prenne en main et se tienne debout par ses propres moyens, le chef d’État ghanéen veut que le continent cesse de compter sur l’aide ou la charité pour se développer.