Irrigasc : après de bons résultats au Sénégal, la méthode s’exporte au Burkina Faso

Lutter contre la désertification tout en créant des économies locales dans des zones semi-arides, voilà le défi que relève Irrigasc. Présente au Sénégal depuis 1992, cette association a permis la plantation de plus de 500,000 arbres (manguiers et anacardiers). Véritable réussite environnementale, mais aussi sociale, la technique permet à plusieurs agriculteurs de réaliser des profits. Après s’être implantée au Sénégal, Irrigasc s’exporte maintenant au Burkina Faso, avec le soutien de la multinationale pétrolière Total.

Irrigasc est doublement écologique. Il s’agit d’une technique qui permet de faire des économies d’eau tout en permettant à la plante de grandir. À partir de la conduite d’une gaine et de la perforation de celle-ci, elle arrose la racine en profondeur. L’eau ne reste pas à la surface et aucune goutte n’est perdue.

 

Planter des arbres avec une quantité d’eau réduite est devenue possible grâce au dur labeur d’un homme, Jacques Gasc. Décédé en 2012, cet ingénieur agronome a travaillé dans l’irrigation et à sa façon, il a lutté contre la désertification.

« […] pour lui, l’évidence était de planter des arbres et de le faire avec le moins d’eau possible. Petit à petit, il est arrivé au concept de la gaine. Il l’a fait fabriquer, assembler et DISTRIBUER au Sénégal».

– Natacha Gasc, Directrice de l’ASSOCIATION IRRIGASC

Son engagement social et son ingéniosité ont participé à l’amélioration de l’écosystème au Sénégal. Entre 1992 et 2013, un demi-million de gaines ont été vendues, dont 250 000 ont été plantées en collaboration avec Jacques Gasc.

Cet engagement citoyen de la famille Gasc se poursuit aujourd’hui. À la mort de Jacques Gasc, le témoin est transmis à son fils, Christophe. Il a transformé l’entreprise en association. Un changement qui n’est pas le fruit du hasard. Il démontre sa volonté d’aider les agriculteurs qui n’ont pas beaucoup de moyens.

«Les agriculteurs de petite taille, de taille familiale, n’ont pas les moyens d’acheter les produits. EN TANT QU’ASSOCIATION À BUT NON LUCRATIF, NOUS POUVONS RECEVOIR DES DONS POUR DISTRIBUER LE MATÉRIEL ET DES FORMATIONS AU PLUS DE GENS POSSIBLE.»

– Natacha Gasc, Directrice de l’ASSOCIATION IRRIGASC

Depuis 2013, l’association a planté plus de 60 000 arbres fruitiers avec plus de 700 bénéficiaires au Sénégal. Et ce faisant, elle participe à la lutte contre l’exode rural, en permettant à des jeunes de rester dans leurs villages tout en profitant d’une technique agricole qui permet de produire et d’être rentable. C’est pourquoi l’association donne une priorité à la culture du manguier et de l’anacardier. Deux arbres qui permettent d’obtenir deux fruits, la mangue et la noix de cajou, qui sont très prisées sur le marché.

Aujourd’hui, pour arriver à ses objectifs, l’association met en avant le concept de la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE), pour mieux s’approcher des entreprises et obtenir leur soutien.

C’est pourquoi Irrigasc s’active fortement au nord du Sénégal, où est implantée la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS). L’entreprise est aujourd’hui le plus grand partenaire d’Irrigasc au Sénégal. «Ils [les dirigeants de la CSS, NDLR]ont très conscience de l’impact qu’ils ont sur les populations», explique Natacha Gasc, directrice de l’association Irrigasc.

Grâce à cette démarche de la RSE, la multinationale Total s’est jointe à la bonne action. Par la voie de son directeur au Burkina Faso, Philipe Prudent, elle veut voir l’exemple du Sénégal s’appliquer au Burkina Faso. Déjà, 600 arbres sont plantés au Burkina Faso, notamment dans la région de Kaya, une zone très aride située au nord du pays. Après cette première approche, l’objectif pour Irrigasc est d’instaurer un véritable programme au Burkina Faso et d’y installer une antenne, selon Natacha Gasc.

Après tant de chemin parcouru, la route n’est pas encore terminée et Irrigasc poursuit sa volonté de lutter contre la désertification et d’avoir un impact social et environnemental sur les populations. Avec le soutien d’entreprises sénégalaises comme la SOCOCIM et la CSS, elle s’est bien implantée au pays de la téranga. Désormais, avec le soutien de la pétrolière Total, Irrigasc veut répéter le modèle dans la sous-région, à commencer par le Burkina Faso.

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