La vedette du football George Weah, des bidonvilles à la présidence du Libéria

Au Libéria, le candidat George Weah a officiellement remporté l’élection présidentielle face au vice-président Joseph Boakai. Considéré favori de ce scrutin, l’ex-footballeur international et seul Africain récipiendaire du Ballon d’Or enregistre ainsi une nouvelle victoire impressionnante.

On le disait proche du but. Dans la soirée du jeudi 28 décembre, George Weah a été proclamé président du Libéria, avec 61,5 % des voix au deuxième tour de ce scrutin. Plutôt connu pour ses exploits sportifs –il est le seul Africain à avoir gagné le Ballon d’Or-, George Weah s’illustre désormais comme le nouvel espoir politique de son pays. La troisième fois aura été visiblement été la bonne pour lui, sachant qu’il a essuyé des échecs aux élections de 2005 et de 2011. C’est donc une victoire inédite, d’autant plus qu’elle s’est déroulée sans aucune violence.

 

Depuis le 26 décembre dernier, la commission électorale du Libéria procédait au dépouillement des votes. L’enjeu était décisif : qui pour succéder à Ellen Johnson Sirleaf, dont le bilan des douze ans de présidence, entre corruption, chômage et pauvreté grandissantes, est plutôt décevant? Qui pour redonner espoir à un pays qui se remet encore d’une guerre civile et des ravages du virus Ebola ? Enfin, qui pour rebooster l’économie libérienne et impulser une nouvelle ère ? A toutes ces questions, les Libériens ont massivement répondu George Weah.

A l’annonce de sa victoire écrasante, c’est une véritable ambiance de fête qui a pris les rues de Monrovia. Emotion, joie et fierté ont ainsi empli les cœurs.

« C’est avec une profonde émotion que je remercie les Libériens de m’avoir donné leurs votes aujourd’hui. L’espoir est immense ». – George Weah

Premier sportif professionnel à être élu président d’un pays africain, la trajectoire de George Weah, authentique enfant du peuple ayant grandi dans les bidonvilles de Clara Town, paraît surréaliste.

Déjà surnommé Mister George par la population, l’élu a basé sa campagne sur un programme qui a réussi à fédérer sans peine. Certes, il s’est engagé à lutter contre le fléau de la corruption, à redonner vie aux secteurs en ruine que sont l’éducation et la santé mais aussi à développer des infrastructures pour faciliter la vie quotidienne des citoyens libériens.

Ces promesses ambitieuses –parfois jugées de floues par ses détracteurs-, ou plutôt leur respect, scelleront le destin politique de Weah.

Notons que le nouveau président a choisi Jewel Howard-Taylor, sénatrice du comté de Bong et ancienne épouse de l’ex-président dictateur Charles Taylor –condamné à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité- comme vice-présidente.