Eau Vive Internationale, le parcours d’une ONG qui fait confiance à l’Afrique

Une habitante de Kolomba au Sénégal/ © Eau Vive Internationale
A l’occasion des 40 ans d’Eau Vive Internationale, organisation de solidarité internationale oeuvrant pour le développement des services sociaux de base en Afrique, notamment l’accès à l’eau potable, nous vous proposons une série d’articles pour découvrir l’histoire, les missions et les projets appuyés par cette ONG qui fait confiance aux Africains.

Au milieu des années 70, la sécheresse au Sahel fait les colonnes de la presse internationale. Affectés par ce drame humain, Georges Chavannes, Xavier Mallet, Robert Sarrazac et Bernard Tissot-Dupont, quatre chefs d’entreprises français, se rendent au Sénégal. Sur place, à Babbak, ils rencontrent des hommes, des femmes, des enfants qui, sans eau potable, consomment une eau insalubre au péril de leur vie. Choqués et dans un esprit de solidarité, de retour en France, ils créent Eau Vive.

1981 – 1990 : Eau Vive participe activement à la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement (DIEPA).

Pour répondre aux ravages de la sécheresse, la priorité durant cette décennie est de construire des points d’eau en quantité. Eau Vive se mobilise rapidement pour cela mais, dans sa vision fondatrice, elle est bien plus qu’un “bâtisseur de puits, de forages, de retenues d’eau, etc”. Elle partage et échange sur les valeurs humaines avec africains et français. Ces valeurs sont entre autre, la solidarité et la complémentarité entre les Hommes sans distinction au Nord comme au Sud. Son action est fondée sur le principe de “l’Homme debout, l’Homme acteur”. À cette époque, les projets sont financés, réalisés et suivis depuis son siège parisien. 

De 1991 à 2000 : Eau Vive développe avec fierté l’africanité de ses équipes de salariés et ouvre progressivement des délégations dans les pays d’intervention.

Très tôt, Eau Vive mesure la nécessité du travail de proximité et développe une politique de valorisation des compétences locales africaines en mettant en place des équipes de salariés dans les pays d’intervention. Elle recrute ingénieurs, techniciens, sociologues, gestionnaires, animateurs de développement pour constituer ses équipes africaines. Un premier bureau est ouvert au Burkina Faso en 1992 suivi, entre 1993 et 2000, par ceux du Mali, du Sénégal et du Niger, avec à leur tête, des compétences africaines. Des jeunes diplômés africains sont fiers de d’engager et de participer à « l’effort de guerre » pour le bien-être de leurs concitoyens. Cette approche a renforcé le sens de la prise d’initiative et conduit Eau Vive, en 1992, à prendre un nouveau virage important. Elle décide d’agir au-delà de l’eau et d’accompagner les communautés dans leur initiative de développement local, plus général. Après l’eau, les villageois expriment le besoin de réaliser d’autres projets. À leur demande, des programmes sur l’éducation, la santé, la formation et la production maraîchère sont développés. Parallèlement, la décentralisation engagée dans les pays fait qu’Eau Vive doit évoluer vers un appui à la maîtrise d’ouvrage local, communal, régional, national. En effet, les communes nouvellement créées découvrent leurs prérogatives, sans toutefois disposer de toutes les connaissances et expertises adéquates. L‘accompagnement devient une priorité et les projets mis en œuvre sont davantage orientés dans les zones les plus défavorisées afin de toucher les populations les plus vulnérables.

Assemblée générale d’Eau en 2015 à Thiès au Sénégal © Eau Vive Internationale

De 2001 à 2014 : le champ de l’action est élargi aux dimensions « citoyenneté et responsabilité politique ».

Oui, les résultats des projets sont satisfaisants. Oui, les hommes et les femmes se mobilisent pour améliorer leurs conditions de vie, mais l’action doit aller au-delà de l’appui-conseil et des financements qu’elle apporte. Pour Eau Vive, il est nécessaire de faire émerger dans la société au Nord comme au Sud une responsabilité citoyenne. Il est nécessaire de travailler en amont avec les décideurs, les gouvernants, les citoyens pour construire des politiques de développement en phase avec les réalités locales et les aspirations des populations. Le plaidoyer devient alors un axe important d’action en complément des projets d’infrastructures et de renforcement de capacités techniques. Eau Vive participe aux réunions de haut niveau à l’échelle nationale sous régionale et internationale, pour apporter sa contribution nourrie des pratiques de l’expérience de terrain.

Parce que demain leur appartient, Eau Vive soutient également les jeunes professionnels ou non dans leurs initiatives et mouvements citoyens pour l’eau, la solidarité internationale. En 2012, elle offre aux jeunes diplômés africains une opportunité de tremplin professionnel en initiant le programme JCE « Jeunes cadres engagés ». Par ce programme, Eau Vive répond à une volonté de construire une équipe de salariés engagés et conscients de leur responsabilité sociale vis-à-vis de leur nation et du reste du monde.

Ces dix dernières années, Eau Vive s’est employée à l’élargissement de sa base sociale.

Près de 400 hommes et femmes en Afrique et en France, qui partagent la vision et les valeurs de l’association, ont rejoint le mouvement en fondant dans leurs pays respectifs Eau Vive Burkina Faso, Eau Vive France, Eau Vive Mali, Eau Vive Niger, Eau Vive Sénégal, Eau Vive Togo. Toutes ces entités se sont fédérées en mars 2014 à Ouagadougou pour créer Eau Vive Internationale.

Et demain, c’est à Eau Vive Internationale, association internationale de droit burkinabé, qu’appartient désormais la lourde responsabilité de poursuivre et de gagner le combat engagé il y a 40 ans.

En 40 ans d’action, près de 3 millions d’Africains disposent maintenant d’eau potable et de meilleures conditions de vie.

Ensemble, en Afrique, en France et ailleurs dans le monde, poursuivons notre engagement pour doubler, voire tripler ce nombre au cours des 20 prochaines années.