Cybersécurité : l’Afrique se défend

Pour protéger les internautes africains, plusieurs dispositifs sont mis en place pour contrer les cyberattaques sur un continent de plus en plus branché. Différentes approches sont évoquées pour trouver une solution adaptée et durable.

Le cyberespace s’agrandit en Afrique. Le taux d’accès à internet de la population a doublé en quelques années, pour atteindre 23,4 % en 2015. Une augmentation de la fréquentation du web qui accroît les risques de cyberattaques sur le continent.

 

Il y a une constante progression de la connectivité de la population africaine à internet. Cela entraîne la prise en compte des cybermenaces. Les pays africains tentent de venir à bout de la situation avec l’adoption de lois et de CERT – Computer Emergency Response Team – ainsi que l’installation de centres d’alerte.

 © Data Group Connect, McAfee, Deloitte
Combien coûtent les cybercrimes ? © Data Group Connect, McAfee, Deloitte.

Les pays africains les plus concernés par les cyberattaques sont le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Ces États optent pour la rédaction de lois sur le sujet. «La lutte contre la cybercriminalité est une problématique à 360 °. Or, une loi ne règle que deux aspects d’un tel phénomène : l’accès aux données et les conditions dans lesquelles elles sont transmises», soutient Patrick Amouzou, avocat et spécialiste de l’informatique, des nouvelles technologies et de la propriété intellectuelle.

 «La cybercriminalité transcende les frontières et les régions. Il faut des solutions régionales», Patrick Amouzou, avocat et spécialiste de l’informatique, des nouvelles technologies et de la propriété intellectuelle

Les cyberhacktivistes

Pour être plus performants, les États africains sont appelés à créer des outils qui leur permettent de combattre réellement les cyberhacktivistes, dont l’apprentissage du code. Selon plusieurs spécialistesla formation d’ingénieurs informatiques sur le continent de mieux sécuriser le cyber espace africain. Actuellement, 61% de toutes les institutions gouvernementales, des télécommunications et des banques de la région montrent une vulnérabilité critique aux cyberattaques, selon une étude de l’entreprise Jighi.

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Les logos des cyberhacktivistes « Anonymous Africa », « Anonymous Côte d’Ivoire », et « Anonymous Sénégal » © Facebook, Twitter

Depuis 2007, le Maroc est devenu très réactif sur le sujet avec la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal a créé un Centre national de la cybersécurité (Cnc), ainsi qu’un laboratoire, qui dépend de la police nationale. Ensuite, le pays de la Teranga a signé avec l’Agence de l’informatique de l’État (ADIE) un partenariat avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), une institution française.

Le 27 juin 2014, l’Union africaine a adopté la Convention sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel. L’objectif est d’harmoniser la stratégie de défense. Elle prévoit que «chaque État s’engage à adopter des mesures législatives et/ou réglementaires pour identifier les secteurs considérés comme sensibles pour sa sécurité nationale et le bien-être de l’économie».