Hadja et Rabiatou : une lutte commune pour les droits des enfants en Afrique

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Hadja (à gauche) et Rabiatou (à droite) luttent depuis leur adolescence en faveur des droits des filles en Guinée (c) Mohand Azzoug

Elles sont deux : Hadja et Rabiatou. Elles sont jeunes : respectivement 18 et 25 ans. Elles ont une mission commune : la lutte pour les droits des enfants et en particulier des filles en Guinée. Grâce à leur travail sans relâche, elles sont devenues ambassadrices de l’ONG Plan International.

Hadja et Rabiatou forment un duo gagnant. Elles sont encore jeunes, mais elles tiennent déjà un discours engagé et proposent des solutions pour lutter efficacement pour les droits des enfants en Guinée. Les deux militantes étaient en France en octobre dernier à l’occasion de la sixième édition de la Journée internationale des filles.

 

Hadja, malgré ses 18 ans, maîtrise la situation des enfants et surtout la problématique autour des jeunes filles de la Guinée. Cette maturité juvénile est le fruit d’une intégration rapide dans les institutions. À l’âge de 13 ans, elle intégrait le Parlement des Enfants de Guinée (PEG). Cette structure, dont elle assure actuellement la présidence, est sous la tutelle du Ministère de l’Action sociale.

Sa fibre militante est née lorsque son père lui a raconté son enfance. «Il était orphelin, un enfant de la rue», confie-t-elle. «Je me suis dit que j’aimerais défendre les droits des autres enfants, qui ont vécu comme lui ou qui mendient dans les rues et qui sont déscolarisés», ajoute Hadja.

«Je vais vraiment défendre la population guinéenne avec une ouverture de cœur.» – Hadja

Un peu plus âgée, Rabiatou est journaliste. Son engagement a commencé dans un magazine. Elle était animatrice et donnait la parole à «Tous les enfants de la Guinée». La jeune journaliste juge que les enfants parlent mieux de leurs problèmes et que l’impact est plus réel quand ce sont eux qui s’expriment. «Ils sont plus écoutés par leurs parents et par les autorités, ce qui peut entraîner des choses positives», confiait-elle à TV5Monde.

«Je me bats de façon générale pour tous les enfants, garçons et filles. En Guinée, ce sont les droits des filles qui sont les plus violés. Les filles n’ont même pas le droit à l’éducation et même pour celles qui vont à l’école, le maintien continu pose problème. Ce qui les empêche de s’épanouir et d’être les jeunes femmes qu’elles doivent être dans la société.» – Rabiatou

Le discours est le même chez les deux jeunes filles. Elles véhiculent un message identique sur les questions d’excision et de mariage précoce. Selon un rapport de l’UNICEF, 200 millions de femmes ont été excisées en 2016. En Guinée, 22,8% de filles sont déjà en union avant même d’atteindre l’âge de 15 ans. Deux réalités que Hadja et Rabiatou ne cessent de dénoncer et pour lesquelles elles tentent de trouver des solutions.