Bélya, un bout d’Afrique (et de joie!) dans votre garde-robe

Le nouveau showroom Bélya a officiellement ouvert ses portes le 9 février dernier.

15 février, il est 11 heures à Dakar. En cette fin de matinée, nous nous rendons au quartier de Ngor-Almadies, plus précisément au Virage, où est située la toute nouvelle boutique Bélya, une marque de vêtements et d’accessoires sénégalaise. Sur la route de l’aéroport, l’imposante enseigne de ce showroom ne passe pas inaperçue. Tout comme sa créatrice. Sourire aux lèvres et regard pétillant, une paire de derbies en wax rouge à ses pieds, Aissatou Sene nous accueille dans cet espace qui symbolise le fruit de plusieurs années d’efforts, de tribulations et de rebondissements.

Une fois entré dans le nouveau showroom de Bélya, on constate aisément qu’ici, les couleurs sont un indispensable. Sur les murs et sur les ceintres, robes, hauts, chaussures et sacs sont présentés de manière à instantanément attirer le regard du visiteur. Sans oublier l’impressionnant graffiti « Bélya » ornant un des murs de la boutique, entouré de mots définissant, chacun à leur façon, cette aventure qui entame une nouvelle étape.

 

Créée en 2012, Bélya -qui signifie « cri de joie » en créole- fêtera bientôt son sixième anniversaire. Promouvant le consommer local et le fait-main, la marque ne collabore qu’avec des artisans africains, essentiellement issus du Sénégal et du Maroc. Si le continent connaît actuellement une grande vague de jeunes créateurs et stylistes mettant l’artisanat local et les tissus typiquement africains à l’honneur, il y a six ans, lorsque la fondatrice de Bélya se lançait dans l’entrepreneuriat, ils étaient encore très peu à s’aventurer sur ce terrain.

© Aissatou Sene, créatrice de la marque Bélya

Ancienne mannequin, Aissatou Sene est une grande passionnée de mode. Vouant une grande admiration à la défunte top-model Katoucha Niane, elle a voulu suivre ses pas. Mais c’était sans compter les réticences de sa grand-mère qui souhaitait plutôt que sa petite-fille suive le cycle traditionnel des études. En outre, après son baccalauréat, la mère de Aissatou lui fait très vite comprendre quelle doit impérativement devenir indépendante. Ainsi, avec un background en finances, la jeune étudiante s’est insérée dans le monde professionnel. Exerçant tout d’abord dans un centre d’appel, elle deviendra par la suite agent commercial puis responsable de la boutique L’Occitane au centre commercial Sea Plaza.

A l’époque déjà, son style vestimentaire attirait les regards pour son éclectisme, ses couleurs et son originalité. « Je me suis toujours habillée purement africain mais avec un côté moderne », nous confie t-elle. En réponse aux compliments de son entourage, et avec le soutien de ses proches, elle décide alors de créer sa propre marque, joignant ainsi l’utile à l’agréable.

Pochettes Bélya

Mais les premières années d’exercice la mettent face à une douloureuse évidence : les Africains préfèrent manifestement les marques étrangères, un certain prestige y étant rattaché. Pendant longtemps, ce seront donc les expatriés qui constitueront le plus gros de sa clientèle. Un état de fait qui, à défaut de la décourager, la poussera davantage à travailler le concept Bélya, afin de créer des produits d’une qualité irréprochable. Aujourd’hui, en 2018, les tissus africains étant particulièrement en vogue sur la scène internationale, la tendance s’est renversée. Désormais, elle estime que les Sénégalais et autres ressortissants africains représentent environ 40% de sa clientèle, soit 30% de plus qu’à ses débuts. Une réelle victoire.

Les derbies sont le produit-phare de la marque Bélya

« Quand tu regardes un artisan faire une paire de chaussures, ce travail peut lui prendre toute une journée. Pour faire trois robes de qualité, il faut aussi au minimum une journée. On ne se rend pas compte qu’il y a un long processus et qu’Il faut le valoriser » . – Aissatou SEne, créatrice de Bélya

Proposant des vêtements, pochettes, chaussures et sacs faits à la main, Bélya représente l’énergie créatrice d’une Afrique qui prend conscience de sa richesse. Une vision qui a séduit la compagnie américaine ATRAXX Capital Partners. En effet, celle-ci a décidé d’investir dans le rêve de cette jeune femme entrepreneure. Grâce à ce partenariat, la production de Bélya va passer de 3 000 à 15 000 pièces, pour satisfaire une plus large clientèle à travers le monde. Et ce n’est pas tout. Cette année, l’ouverture d’une nouvelle boutique à New York est également prévue d’ici le mois de juin. Plutôt qu’une occasion de se reposer sur ses lauriers, Aissatou Sene voit en cet investissement une autre raison de donner le meilleur d’elle-même. Et de traduire en progrès sa reconnaissance envers tous ceux qui ont cru en elle.

« Bélya, ce n’est pas moi. Bélya, c’est ma famille. Bélya, ce sont mes tailleurs. Bélya, ce sont les gens qui m’ont poussée à croire en moi ». – Aissatou Sene

Véritable globe trotteuse, la créatrice voyage souvent entre le Maroc, Dubaï ou encore l’Indonésie, pour faire le plein d’inspiration, s’imprégner de la culture des autres, parler de sa marque et revenir l’esprit bouillonnant de nouvelles idées dans son pays natal. Aujourd’hui, à 29 ans, elle considère avoir réussi le plus important ; se focaliser sur ce qu’elle veut profondément plutôt que sur ce que la société attendait d’elle.

Retrouvez tous les articles de la marque Bélya sur le site officiel www.belyashop.com ou visitez le nouveau showroom sis à l’Immeuble Kouré, 1 route de l’aéroport, au Virage.