Le Morho Naba, un symbole africain

Le morho naba sur son trône © http://www.gonews.it

Le Burkina est un pays composé de nombreuses ethnies qui, possèdent chacune une culture et des traditions propres. Parmi ces ethnies, il en est une qui est de loin la plus représentée, majoritaire dans le pays, il s’agit des Mossis. L’un des emblèmes de cette ethnie se traduit à travers le respect et la soumission au roi, le Morho Naba.

Le Morho Naba est le titre porté par le roi du royaume Mossi de Ouagadougou ou de l’Oubritenga, au Burkina Faso. Il est considéré comme étant représentant du soleil, ce qui traduit son importance auprès de ses sujets. Il est désigné par les hauts dignitaires de la cour dans la descendance d’Oubri.

 

Oubri était le petit-fils de Ouedraogo, fondateur du royaume Mossi au XIIIe siècle et fils de la légendaire Yennenga. Il fut le premier Morho Naba et fonda la ville de Ouagadougou. Le Morho Naba était considéré comme une personnification de Dieu sur terre et avait droit de vie et de mort sur les habitants de Ouagadougou et de l’Oubritenga. Il est le gardien des coutumes, le chef suprême de l’administration, de l’armée et de la justice. Il est assisté dans la gestion du pouvoir par un conseil dont les membres sont :

Le Tansoba, deuxième personnalité de l’empire, chef de la guerre ne résidant pas à Ouagadougou. Il devra mourir sur le champ de bataille en cas de défaite.

Le Ouidi Naba, chef de la cavalerie.

Le Goungha Naba, chef de l’infanterie.

Le Baloum Naba, l’intendant et porte-parole de l’empereur. Son ancêtre était un neveu de la famille du Morho Naba.

Le Larlé Naba, chef des tombes royales.

Le Kamsonghin Naba, chef des eunuques.

Le Dapoya Naba, chef de la sécurité du Morho Naba.

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Village Mossi © http://www.mikakuplanet.com

Le pouvoir du Morho Naba était scrupuleusement défini à travers la coutume et représentait l’empire dont il devait garantir l’unité. Le pouvoir cependant est exercé par sa cour. Les ministres prennent les décisions et gouvernent le pays.

Le Morho Naba n’a pas d’autorité sur les autres royaumes de Tenkodogogo, de Fada N’Gourma, de Boussouma et de Ouahigouya, dont les souverains sont, tout comme lui, des descendants de Yennenga, la princesse fondatrice des royaumes Mossi du Burkina Faso. De manière générale, les souverains de ces quatre royaumes évitent même de se rencontrer entre eux.

Tout un folklore entoure le règne du Morho Naba et certains de ces rites persistent encore aujourd’hui, respectés jusque dans leurs moindres détails par les Mossis, comme c’est le cas pour la cérémonie du faux départ, reproduite tous les vendredis au palais du roi.