L’art, l’artisanat et l’artistique algérien

Femme berbère tatouée © https://beaute.toutcomment.com

L’Algérie se révèle à travers de nombreux chefs-d’œuvre, tant artisanaux qu’architecturaux ou encore artistiques. Des mosquées de Tlemcen à la Casbah d’Alger en passant par les peintures rupestres du Tassili N’Ajjer, ainsi que la musique et la littérature, le passé de ce pays aux multiples influences permet de profiter d’une beauté qui lui est propre. De l’antiquité à nos jours, l’Algérie a bénéficié de tout bord d’un incroyable avantage qui lui a conféré cette aura de beauté et d’originalité encore visible.

Le paysage algérien est une mosaïque où se reflètent les influences du Moyen-Orient, de l’Afrique, de la Méditerranée et enfin coloniales. Des royaumes berbéro-numides de l’Antiquité dont les ruines des mausolées de bazinas, de Médracen ou du tombeau de la Chrétienne sont encore visibles, aux influences romaines des cités de Timgad et Théveste, sans oublier l’architecture inspirée d’Andalousie comme à Tlemcen ou Nédroma, puis de celle coloniale importée par la France. Le pays fait riche étalage de ses œuvres architecturales. L’habitat naturel des nomades constitué de kheima, de grandes tentes couvertes d’une natte ou de maison en pisé, de ksour, d’agadir ou de casbah sont aujourd’hui devenus des curiosités à découvrir. Les cités arabes, médinas, serrées à l’intérieur de remparts qui n’existent souvent plus, sont organisées traditionnellement autour du souk ou bazar, le marché, avec leurs pittoresques ruelles étroites constituant la vieille ville.

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Mausolées de Médracen © https://commons.wikimedia.org

Les bijoux font traditionnellement partie du patrimoine algérien. Toutes les occasions sont bonnes pour arborer bracelets, colliers, boucles d’oreilles et ceintures (foum) en métaux précieux. Alger, Tlemcen et Constantine étaient réputées pour leur production mais chaque région possède son style traditionnel. Les bijoux kabyles, plus précisément ceux des Ath Yenni, sont en argent rehaussé d’émaux colorés, un savoir-faire remontant au XVe siècle, et de corail. Dans les Aurès, les bijoux chaouis sont en argent plein, creux ou ajouré.
Les pièces touaregs, en argent, se remarquent par une simplicité de formes qui évoquent les éléments naturels.

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Bijoux Kabyles © https://commons.wikimedia.org

La broderie ou tarz est un art citadin très pratiqué en Algérie. A Alger, les brodeuses travaillaient de belles arabesques, d’influences turque, arabe ou andalouse, en laissant libre cours à leur imagination. Plus au sud, dans la région de Touggourt et du M’Zab, les motifs se font plus géométriques.

Le travail du cuir produit des chaussures dont des babouches multicolores dans le Gourara, des bottes, des sacs, des ceintures, des selles de chevaux et de chameaux, des récipients, des housses de coussin, des fourreaux d’épées ou des boîtes, etc. A Tlemcen, l’artisanat est réputé pour ses traditions andalouses.

Hérité de l’Empire ottoman, la dinanderie est l’art de travailler le cuivre pour élaborer des récipients et autres objets et qui remontent au Moyen-Âge. Celle de Constantine, qui s’apprend de père en fils dans un quartier dédié, est réputée pour ses plateaux quelquefois gigantesques aux motifs d’inspiration ottomane.

La poterie pratiquée en Grande Kabylie, en Petite Kabylie, dans le Constantinois, à Guelma et aux Aurès sont réputées pour leur originalité et leurs formes insolites.

Les tapis sont tissés selon une technique transmise de génération en génération dans chaque région, selon les influences berbère, arabo-musulmane, africaine et orientale. On les retrouve dans les régions de l’est de l’Algérie, des Aurès, des Nememtcha, de M’Sila, de Bordj-Bou-Arreridj, de Bejaïa, de Tizi-Ouzou, de djebel Amour ou du sud de l’Atlas saharien.  Art très ancien dont on a trouvé des traces en Mésopotamie et en Egypte, la vannerie est encore répandue en Algérie.

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Tapis d’Aït Hichem © http://lechodalgerie-dz.com

L’influence turque, quant à elle, se ressent dans le travail du verre. D’origine turque, arabe ou andalouse, le travail du verre se décline sous plusieurs formes, du verre soufflé au verre martelé (fenêtres et vitraux).

La musique algérienne est inspirée de plusieurs influences ethniques ou religieuses et l’on retrouve plusieurs genres : d’abord la musique arabo-andalouse, le chaâbi, le raï, la chanson kabyle, l’ahallil de Timimoun, le tindé du Hoggar ou le chant bédouin.

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Troupe de musique classique algérienne © https://www.algeriepatriotique.com

La musique classique algérienne dite andalouse est l’une des expressions de l’héritage des traditions musicales orientales, autant grecque que persane et arabe. Le hawzi est la forme populaire de la musique arabo-andalouse, revendiqué comme originaire de Grenade. Le çanaa, rattaché à Córdoba (Cordoue), est joué à Alger où le chaâbi a également pris forme, tandis que le maalouf de Constantine serait originaire de Séville.

La musique sahraoui, bédouine à l’origine, tire ses influences des sonorités africaines et arabes. L’ahallil de Timimoun est une musique religieuse chantée par des groupes.

La musique touarègue est jouée dans les régions de Tamanrasset et de Djanet. Les deux instruments de base sont l’imzad, un violon à une corde joué par les femmes, et le tobol (t’bel) ou tindé (tendé), un tambour en forme de mortier. Cette musique est aussi appelée blues du désert.

Le tatouage a aujourd’hui perdu sa signification initiale qui était un signe d’identification tribale ou éventuellement magique. Aujourd’hui purement esthétique, il est pratiqué lors des fêtes religieuses ou des cérémonies familiales. Pratiqués à l’aide du « harqus », une baguette imprégnée de cendres de charbon de bois et d’épices, ces tatouages sont réalisés pour ne durer que le temps d’une fête.

La fantasia est devenue rare mais est toujours organisée du côté de Tiaret. Il s’agit d’un spectacle de cavaliers, vêtus richement et menant une charge à cheval sur leurs destriers, sous les youyous des femmes.

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