La Côte d’Ivoire, symbole de l’africanité

Femmes en tenue traditionnelles de leurs ethnies © https://www.fratmat.info

On l’aura compris, l’Afrique est une terre riche de différents peuples qui se côtoient et se meuvent au gré de leurs pérégrinations. La Côte d’Ivoire ne fait pas exception à la règle. La mosaïque socioculturelle qui constitue sa population engendre, comme dans la plupart des pays où l’intégration est homogène, une diversité culturelle source de magnificence. Mais qui sont ces ethnies qui peuplent le pays des éléphants?

La Côte d’Ivoire est peuplée d’environ 70 ethnies réparties sur tout son territoire. On distingue cependant 4 grands ensembles qui permettent de les classifier distinctement. En premier lieu, on distingue les Akans, concentrés dans le quart sud-est du pays. Ils constituent le groupe ethnique majoritaire de la Côte d’Ivoire. Ces derniers seraient originaires du Ghana, qu’ils auraient quitté par vagues successives, vers la fin du XVIIe siècle.

 

On distingue trois grands groupes au sein des Akans, parmi lesquels le groupe des Akans «frontaliers», qui rassemble les Agnis et les Abrons, les Akans du Centre, appelés Baoulés, et les Akans lagunaires, rassemblant plusieurs petites ethnies, pour la plupart originaires de l’Est elles aussi, bien que d’origines plus diverses. Parmi ces dernières, on retrouve notamment les Adioukrous et les Abidjis (venus de l’ouest), les Attiés, les Abbeys, les Alladians, les Ébriés, les Abourés, les Eotilés et les N’Zimas (aussi appelés Apolloniens).

La société akan est organisée en lignages matrilinéaires et l’influence du roi s’étend aux villages environnants. Les peuples soumis et leurs chefs prêtent serment de fidélité et d’allégeance. Le roi akan exerce un pouvoir collégial, puisqu’il règne conjointement avec la reine mère et qu’il est assisté dans l’exercice de son pouvoir par un conseil privé, constitué des chefs de famille de son clan, et par un conseil de gouvernement, formé de chefs des grandes provinces du royaume. La religion, enfin, comme dans beaucoup d’ethnies, est fondée sur la croyance en un Dieu unique, force immanente au vouloir et au pouvoir des divinités secondaires et des hommes.

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Le roi Akan lors de l’anniversaire de son intronisation © https://www.pinterest.fr

On retrouve les Gours ou Voltaïques, en majorité, dans le nord-est du pays. Ces derniers constitueraient l’un des plus anciens peuples de Côte d’Ivoire. Ils sont constitués des Sénoufos, dans le centre nord, des Koulangos et des Lorhons, premiers occupants de la région, au nord-est et enfin des Lobis, concentrés dans la région de Bouna. Leurs traditions sont très vivaces et le culte des ancêtres très respecté.

Les Krous, enfin, sont divisés en deux grands ensembles, composés de 21 ethnies dont six présentes sur le territoire libérien et quinze sur le sol ivoirien. On les retrouve dans le sud du pays, suite à l’effondrement du royaume ashanti. Les Bétés en constituent la principale tribu. Les Krous sont une ethnie essentiellement forestière, conséquence du relief de cette partie du pays. Ils sont réputés pour leur adresse dans la sculpture de masques, la musique et les danses. Leurs croyances religieuses se fondent sur l’existence d’une divinité suprême secondée d’autres divinités et esprits, avec lesquels communiquent les humains initiés.

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Vieil homme Sénoufo © http://www.nabilzorkot.com

Les Mandés sont principalement dans le nord du pays. On distingue les Mandés-nord (Malinké, Bamana, Dioula) et les Mandés-sud (Dan, Toura, Gouro, etc.). Ils sont réputés pour leur excellent travail du fer, ainsi que pour le tissage. Leur religion traditionnelle est fondée sur le culte des ancêtres et les sociétés d’initiation, pratiques qu’ils ont su préserver tout en adhérant à l’islam. Leur religion est fondée sur la croyance en un Dieu tout-puissant, s’exprimant par le biais des esprits de la nature et des ancêtres, incarnés par les nombreux masques qui possèdent une grande valeur spirituelle et traditionnelle.

Ces différents groupes constituant la population originelle du pays se sont étoffés, au fil des années, avec l’esclavage, puis la colonisation, qui ont favorisé l’implantation de nouvelles communautés étrangères, africaines et occidentales qui, aujourd’hui, constituent une part entière du peuple ivoirien. Chacune s’étant adapté aux autres, mais conservant également la racine authentique de ses croyances.