Festival de film d’Alger : Kemtiyu Cheikh Anta remporte le grand prix documentaire

Festival International du Film Engagé d’Alger

La 8e édition du Festival international du film engagé d’Alger a baissé son rideau. Le Grand Prix du jury documentaire a été décerné au film Kemtiyu Cheikh Anta réalisé par le sénégalais Ousmane William Mbaye.

Intitulé Kemtiyu (ou « Négritie, pays des Noirs », le nom que les Égyptiens se donnaient dans l’Antiquité), le film Kemtiyu Cheikh Anta retrace avec précision la vie de l’érudit sénégalais Cheikh Anta Diop. D’une durée de 90 minutes, l’œuvre cinématographique, conquiert le cœur du jury de Festival international du Cinéma d’Alger (Fica) engagé d’Alger – 2017 qui lui décerne le grand prix dans la catégorie documentaire.

 

Dans une démarche de découverte, Ousmane William Mbaye réalisateur de film, a su projeté toutes les facettes d’engagement de son personnage. Celui-ci fut un brillant intellectuel, à la fois philosophe, chimiste, linguiste et égyptologue. Premier à avoir traduit les mathématiques en wolof, la langue nationale du Sénégal, il a créé un laboratoire africain de datation au carbone 14, qui porte son nom.

Avec un programme bien ficelé, le festival a tenu en haleine le public algérien du 1er au 8 décembre autour de 18 films en compétition : neuf films de fiction et neuf documentaires. Dédié au film dit «engagé», le Fica a permis aux cinéastes et organisateurs de partager des images, des actions, des idées, des paroles, des émotions, des musiques, des histoires, des mémoires et des valeurs venues du monde entier.

Le Prix spécial du jury documentaire est revenu au film On revient de loin (Opération Corréa2), des réalisateurs français Pierre Carles et Nina Faure. Une mention spéciale du jury a été octroyée au film Off Frame, la révolution jusqu’à la victoire, du réalisateur palestinien Mohanad Yaqubi.

Dans la catégorie du jury de fiction, le Grand Prix est allé à A United Kingdom, de la réalisatrice Amma Asante, et le prix spécial au réalisateur algérien Karim Moussaoui pour son long métrage En attendant les hirondelles. La mention spéciale de ce jury a été décrochée par la réalisatrice brésilienne Eliane Caffé pour son film Era O hotel Cambridge.

Dans un autre registre, le prix du public catégorie documentaire est revenu ex aequo à Maman Colonelle, de Dieudo Hamadi (République Démocratique du Congo) et à Jean Gnêt un captif amoureux, parcours d’un poète combattant, de Michèle Collery (France) tandis que celui des fictions a été remporté ex aequo par les films Bataillon, du réalisateur russe Dmitri Meskhiev, et Nous n’étions pas des héros, de Nasreddine Guenifi.

«tous les films que nous avons vus ici nous enseignent à ne jamais baisser les bras, à maintenir intacte notre capacité à nous indigner et notre volonté à transformer cette indignation en possibilité pratique.» – Zehira Yahi, commissaire du festival

La huitième édition du Festival international du film engagé a rendu hommage à l’une des figures de proue du cinéma algérien. Il s’agit du réalisateur Rachid Bouchareb. En reconnaissance à «sa riche carrière cinématographique», il a reçu le grand prix du festival.

Rachid Bouchareb, réalisateur algérien
https://www.ficinema.dz

Le public a pu découvrir quelques extraits de ses films, à l’image de Cheb 1991, Poussières de vie, 1994, Little Sénégal 2001, Indigènes, 2006, London river, 2009, Hors-la-loi, 2010, Omar m’a tué, 2011, ou encore La voie de l’ennemi, 2014. La soirée de clôture s’est refermée avec son long métrage, La route d’Istanbul, un film qui représentera l’Algérie aux Oscars 2018.

Pour rappel, c’est le film documentaire Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté, du réalisateur et producteur suisse Nicolas Wadimoff, qui a été projeté à l’ouverture officielle du festival.