Dakar, creuset de la culture Hip-Hop

Hip-hop
Crédit photo : culturiche

Dakar a vibré du 4 au 9 juillet dernier au rythme de la 12e édition du Festival international de Hip Hop et de Cultures urbaines (Festa2H) qui a accueilli cette année près de 100 artistes issus de 14 pays.

Ils se sont produits en 5 concerts avec des performances de danse Hip-hop et graffiti. Des festivités qui confirment le statut du Dakar, creuset de la culture Hip-hop en Afrique de l’Ouest.

 

L’une des grandes attractions du festa2h a été le concert de Médine. Ils étaient venus nombreux, et le rappeur français n’entendait aucunement faire des déçus. Aussi a-t-il relégué au second plan ses pépins de santé pour tout donner à son public présent à son concert le jeudi soir à la maison de la culture Douta Seck. Sa seule raison était, rappelait-il, de faire entendre «la force de la culture contre la culture de la force».

Photo : Ina Makossi

De la bouche du rappeur sortaient tout le temps des mots qui apaisent comme pour montrer qu’il est loin d’être ce rappeur vulgaire. Médine abusait même du terme frère, avec une sympathie séductrice le rapprochant de ses interlocuteurs et de ses spectateurs qui reprenaient avec lui et en chœur tous les morceaux qu’il a joués.

Photo : Ina Makossi

Les uns et les autres appréciaient la modestie et l’humilité d’un Médine, loin de l’image sulfureuse qu’on se fait à travers ses vidéos sur le NET. Bien au contraire Médine était tout simple. Sur scène il arborait son short et tee-shirt, chantant sa fougue et toute sa rage contre ce monde condescendant. Au grand bonheur de son public qui durant la demi-heure de spectacle a pu effectuer un voyage mélodique au cœur de l’univers de Médine qui a interprété surtout les derniers morceaux de son répertoire. «Prose Élite», «De l’Homme qui répare les femmes» à «L’Enfant du destin » en passant par Raison sociale, les Sénégalais ont tout savouré et apprécié, reprenant même des refrains entiers, pendant que l’artiste lui leur tendait son micro, histoire de tâter le pouls de ses inconditionnels !

Photo : Ina Makossi

Le vendredi, Onyx n’a pas fait moins que son prédécesseur ! le rappeur américain qui a inspiré beaucoup d’artistes à travers le monde, a mis en transe, le monde du hip-hop galsen, lors de son passage sur la scène de Douta Seck où se sont produites les grandes vedettes de ce festival.

D’ordinaire adulés par leurs fans, les rappeurs sénégalais ont le temps d’un concert, revêtu le costume de fan, jubilant aux sons de leur nouvelle idole : MOP ! Les performances de cet américain en ont séduit plus d’un ! Par exemple Xuman ! le grand présentateur du J trappé, s’est trouvé une bonne place au carré VIP, pour ne pas rater une minute du spectacle. Les premières notes lancées, Xuman, tel un électrocuté, sautait dans tous les sens. Le rappeur Crazy cool qui est allé directement rejoindre MOP sur scène, n’était pas moins emballé que lui !

Photo : Ina Makossi

Dj Tall lui a vibré dans tous les sens, profitant de son statut d’animateur il a pu s’offrir en vedette. Côté public le délire était aussi réel. L’on bougeait, l’on dansait dans tous les sens, comme si on était possédé par un Jiin. MOP a réussi un coup de magie, à travers son show qui n’a duré que 20 minutes. Au terme le public en ébullition, n’a pas regretté d’avoir attendu, MOP jusqu’à 1h 32 minutes. Son spectacle en valait la chandelle !

Taijiscine vainqueur du Flow up empoche 3 millions

En dehors des concerts, le Festa2h, est aussi une tribune pour les jeunes rappeurs qui à travers le concours national dénommé Flow up, ont les moyens de se faire connaitre et de gagner de l’argent. Cette année, la compétition a duré 4 mois et a opposé près de 600 rappeurs. Taijiscine un jeune Thiessois est sorti vainqueur à l’issue de la finale (initialement prévue le samedi puis reportée au dimanche à cause de la pluie) empochant la coquette somme de 3 millions. Submergé par l’émotion Taijiscine a salué l’initiative du Flow up qui permet de découvrir les talents des autres régions.

« Le rap ne s’arrête pas qu’à Dakar, il y a beaucoup de jeunes talentueux à Thiès » lance-t-il aux organisateurs, promettant à ses fans, la sortie de 3 singles sur le marché.

Photo : Ina Makossi

Matador et Fou Malade, deux ténors du rap sénégalais et membres de l’association porteurs du Festa2H Africulturban, ont assisté à la finale et rappelé que c’est justement pour aider les jeunes à faire décoller leur carrière que le Flow up a été créé. «Le Flow up est un tremplin et une opportunité pour la jeunesse. Le Hip hop est une économie créative. Organiser le Flow up c’est d’abord pousser les jeunes à travailler, à comprendre que ce n’est mettre de l’argent pour booster leur carrière. En dehors de l’argent c’est aussi une tribune pour ces jeunes, car le Festa2h est maintenant international » ont-ils déclaré promettant la saison prochaine de mettre 5 millions sur la table pour donner plus d’opportunités aux jeunes.

Photo : Ina Makossi

Au terme de la 12e édition du Festival international de Hip Hop et de Cultures urbaines (Festa2H), le directeur du festival Amadou Fall Bâ a tiré un bilan positif. 14 pays ont participé, plus de 50 artistes internationaux, et 75 groupes Hip hop nationaux. Pour lui le bilan est satisfaisant. « Nous allons continuer à travailler davantage pour offrir aux Sénégalais, aux férus du Hip Hop et de cultures urbaines, des plateaux artistiques de qualité, qui répondent aux normes internationales » dit-il avec la forte conviction que Dakar occupe désormais une place centrale dans l’échiquier du hip-hop mondial.

«Le concert d’ouverture, celui de MOP et de Médine ont été des moments exceptionnels, les spectateurs ont pu avoir des prestations de haute facture, le concert de clôture a aussi tenu toutes ses promesses, avec un public de 3000 personnes, Onyx a livré un show à la pure sauce du rap ! ».

Amadou Fall Bâ se considère pour toutes ces raisons comme un homme comblé et porte son viseur sur la 13e édition du Festa2H prévu du 20 au 23 juin 2018. Cette édition sera marquée par les 30 ans du Hip hop.

Crédit photo : culturiche

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