10 choses que vous ne saviez pas sur Baaba Maal

Surnommé le roi du yela, Baaba Maal est une légende vivante de la musique sénégalaise. Avec son timbre de voix unique, son style a conquis le monde entier, tant il parvient à joindre plusieurs rythmes (traditionnels, mbalax, reggae, funk) tout en proposant des œuvres toutes plus originales les unes que les autres. Plus qu’un brillant chanteur et musicien, l’artiste a également dédié plusieurs années de sa vie à servir les autres, notamment en luttant contre la pauvreté, en sensibilisant sur le VIH/SIDA ou en lançant plusieurs appels pour une Afrique unie. Ambassadeur incontournable de la culture halpulaar, il en a popularisé les coutumes, les instruments et la philosophie. Happy in Africa vous propose 10 choses incontournables à savoir sur cet artiste de renommée internationale.

1. Né le 12 novembre 1953, à Podor, dans la région du Fouta Toro au Sénégal, Baaba Maal a grandi dans une famille de pêcheurs, un milieu plutôt atypique pour le destin qui l’attendait. Passionné de musique depuis l’enfance, il apprend à jouer de la kora et d’autres instruments traditionnels en côtoyant les membres du groupe Lasly Fouta.

 

2. En 1985, il crée le groupe musical Daande Lenol (« la voix du peuple » en halpulaar), aux côtés de son ami d’enfance, le chanteur Mansour Seck, avec lequel il va sillonner le monde entier pour des performances.

3. Baaba Maal a sorti 14 albums, les plus célèbres étant Firin’ in Fouta (1994), Nomad Soul (1998), Television (2009) et, le plus récent, Television (2016).

4. En février 1996, Baaba Maal est nominé aux Grammy Awards dans la catégorie World Music pour son album Firin’ in Fouta. Cette oeuvre le propulsera au rang de star mondiale de la musique. Bien qu’il n’ait pas remporté cette prestigieuse récompense, il est considéré comme l’un des artistes les plus brillants de sa génération.

Couverture de l’album Firin’ in Fouta de Baaba Maal, sorti en 1994.

5. En juillet 2003, Baaba Maal a été nommé émissaire du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour la jeunesse, dans le cadre de la sensibilisation autour de la réduction de la pauvreté et de la lutte contre le VIH/SIDA.

6. En 2006, le célèbre chanteur a initié Les Blues du Fleuve, un festival dont l’objectif principal est de promouvoir la culture peule. Chaque année, à Podor, cette manifestation culturelle compte les participations d’artistes venus du monde entier.

Quelques participantes à l’édition 2016 des Blues du Fleuve ©ndarinfo.com

7. En octobre 2004, à Londres, à l’occasion d’un hommage au compositeur afro-américain Duke Ellington, Baaba Maal a été invité par le chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango en qualité de vocaliste. La performance s’est déroulée à la célèbre salle de spectacles du Barbican.

8. En fin septembre 2014, Baaba Maal a perdu son fils unique, Oumar Maal, décédé à Bruxelles, à 34 ans à peine. A son propos, le chanteur sénégalais confiera au site britannique The Guardian : « Mon fils m’a changé comme je ne l’aurais jamais pensé. Je le voulais tellement quand il est né que je ne voulais même pas le partager avec sa mère. Je voulais le garder pour moi seul, pour lui transmettre tout l’amour et la musique que j’avais en moi ».

9. En 2017, le compositeur suédois Ludwig Göransson, en charge de diriger la production musicale autour de Black Panther a fait appel à Baaba Maal pour réaliser la bande originale. Dans le cadre de cette collaboration, le chanteur sénégalais a également présenté à Göransson plusieurs autres artistes locaux, notamment le célèbre percussionniste Massamba Diop.

Le musicien sénégalais Massamba Diop en premier plan et le compositeur Göransson, assis par terre, en plein enregistrement. © Serena McKinney

10. Ambassadeur de l’ONG Oxfam depuis 2012, Baaba Maal a décidé de renoncer à ce rôle, suite au scandale sexuel qui a éclaté en début février 2018. Plusieurs responsables de l’organisation sont accusés d’avoir eu recours aux services de prostituées et d’avoir perpétré des abus sexuels sur des mineurs et des adultes en Haïti, au Tchad, au Soudan du Sud et au Royaume Uni. L’artiste sénégalais a qualifié de « répugnant et déchirant » ce qu’il s’est passé.