Le Tchad mise sur la culture pour dynamiser son économie

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Fortement dépendante de l’activité pétrolière, l’économie tchadienne continue d’être affectée par la baisse des cours mondiaux du pétrole. Pour la relancer, le gouvernement mise sur la culture.

Inscrite dans son nouveau plan de développement «Vision 2030 : le Tchad que nous voulons», cette stratégie veut promouvoir le développement d’une industrie culturelle performante et rentable.

 

Pour mener ce combat, c’est le cinéaste Mahamat Saleh Haroun qui se trouve en première ligne. Devenu ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat depuis février 2017, l’écrivain mise sur l’envolée des initiatives de valorisation du livre et du cinéma dans le pays.

Par exemple, novembre 2017 est déclaré le mois du livre et de la lecture sur toute l’étendue du territoire. Et pour susciter l’implication de la population, Mahamat Saleh Haroun soutient que son projet vise à faire connaitre aux familles «ce qu’est une bibliothèque». L’enjeu de la méthode est de réveiller une économie du livre, jamais exploitée.

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Le cinéma pour emploi

Au-delà de cette manifestation, c’est toute une industrie culturelle que le Tchad veut mettre en place. L’objectif est de lancer une impressionnante production cinématographique.  Et pour atteindre ce but, le ministre priorise l’instauration d’une école de cinéma pour former des jeunes.

«Ils pourront maîtriser l’art de se raconter par les images, parce que maîtriser sa propre image, c’est important, sinon on est caricaturé.» – Mahamat Saleh Haroun, ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat

Selon l’économiste et sociologue Martial Zé Belinga, l’Afrique, à l’instar du Tchad, néglige le potentiel de ses savoirs endogènes dans les métiers culturels. «On n’a pas besoin de creuser dans le sous-sol avec des firmes multinationales. Aujourd’hui, tous les pays émergents, quasiment, ont un plan stratégique sur les industries culturelles. Nous pourrions nous en inspirer», affirme-t-il.

«On s’est trompé pendant longtemps. Les matières premières ont beaucoup contribué, de mon point de vue, à chasser les matières culturelles, surtout en Afrique Centrale.» – Martial Zé Belinga, économiste et sociologue tchadien

Invoquée à chaque ralentissement économique, la diversification de l’économie semble un simple discours de sortie de crise.

La réalisation de ce programme permettra à l’État tchadien d’élargir l’assiette fiscale non seulement sur le secteur agropastoral, mais aussi sur le secteur culturel. Il suivra ainsi la recommandation de la Banque africaine de Développement aux États du continent : «diversifier votre économie pour éviter la répétition de phases successives de croissance et de récession en Afrique».