Secteur des mines en 2018 : focus sur cinq métaux

L’année 2017 aura été bonne pour les matières premières minières en Afrique, surtout les derniers mois où les cours des métaux ont bondi de 22 %, selon un rapport de la Banque mondiale. Peu ou prou, les pays producteurs ont su se démarquer, même si les métaux précieux n’ont connu que 1% de progression. Au vu de nouvelles perspectives données par les experts, 2018 sera une année moins fructueuse : le temps de la stabilité dans les prix des minéraux avec une augmentation modérée, à l’exception du minerai de fer, selon l’organisation bancaire.

La présence insistante de la Chine dans les champs miniers du continent renforce les surenchères. Cette appétence chinoise se satisfait des métaux comme le fer, le zinc et le nickel. Le constat pousse les spécialistes à confirmer la plausible volatilité des cours dans les prochains mois. L’agence Standard & Poor’s estime que les prix moyens seront «globalement plats pour la plupart des produits de base métalliques et miniers en 2018 et en 2019», parce que «l’offre et la demande mondiales s’équilibrent».

 

5L’ascension du cobalt

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Ce sous-produit de l’extraction du cuivre est celui qui a le plus monté en 2017. « Son prix a doublé, à quelque 60 000 dollars la tonne, et cela explique les bons résultats de Glencore en RD Congo, pays qui détient un tiers des réserves mondiales », rapporte Philippe Chalmin, président de « Cyclope », la bible des matières premières. Son ascension est néanmoins suspendue au développement plus ou moins rapide de la voiture électrique, pour lequel le cobalt des batteries lithium-ion est indispensable.

4Le fer stabilité

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Après une hausse de 85 % en 2016, pour cause d’une reprise de la demande chinoise, le fer a connu une année en dents de scie en 2017, frisant les 90 dollars/la tonne pour terminer l’année aux alentours de 70 dollars. Malgré la forte teneur en fer des gisements guinéens, sud-africains, mauritaniens, libériens et sierra-léonais qu’affectionne la Chine, on prédit un calme plat pour 2018.

3La bauxite aiguise l’appétit chinois

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Bonne nouvelle pour la Guinée. La bauxite de qualité se raréfie en Chine alors que la course vers ce métal est de plus en plus serrée. À coup sûr, l’Empire du Milieu s’approvisionnera davantage dans les mines africaines. L’entreprise américaine Alcoa prédit même que la demande mondiale progressera de 8 % par an en moyenne, d’ici 2025. Passé de 1 700 dollars la tonne à un peu plus de 2 000 dollars en 2017, le prix de l’aluminium devrait poursuivre son ascension.

2Le cuivre sur la bonne voie

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Les pays producteurs veulent dépasser les 7 000 dollars de prix de vente de la tonne du métal de couleur brun-rougeâtre. En début de l’année dernière, ce prix avoisinait les 5 500 dollars. Actrice majeure du secteur, la China Nonferrous Metals Industry Association estime que la montée en puissance de la voiture électrique fera progresser la demande de cuivre raffiné de 38 000 tonnes aujourd’hui à 280 000 tonnes en 2025. Beaucoup d’investisseurs s’alignent derrière cette prévision. Au-delà de cette date, il se pourrait qu’un risque de pénurie se pointe à l’horizon 2030. Pour l’heure, la Zambie et la RD Congo sont en position idéale pour profiter des prochains mois, si elles parviennent à fournir à leurs mineurs l’électricité dont ils ont besoin.

1L’or : une avancée relative

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Sur la tangente des résultats de 2017, le coût du métal précieux restera figé avec son rebond de 2%. 2018 sera alors une année sans grande surprise. La Banque mondiale prédit une baisse de 1% de son coût fortement lié à des enjeux géopolitiques mondiaux (les crises au Moyen-Orient, la hausse des taux d’intérêt américain et les attitudes de son gouvernement face aux questions internationales, etc.).  Cette estimation fera moins la joie des Sud-Africains, importants producteurs d’or en Afrique, qui connaissent actuellement une période sensible marquée par la hausse des coûts de production et la baisse des investissements miniers.