Le Rwanda mise sur une consommation patriote pour relancer son secteur industriel

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Valoriser les produits locaux pour favoriser une plus grande consommation «patriote». C’est dans cet esprit que l’exposition Made in Rwanda s’est tenue, du 29 novembre au 5 décembre dernier, à Kigali. Ce grand rendez-vous a braqué les projecteurs sur le secteur industriel du pays des mille collines afin d’augmenter ses exportations.

Conquérir le marché intérieur, relancer les exportations et réduire le déficit commercial du Rwanda. L’enjeu de l’exposition Made in Rwanda repose sur ce triptyque pour le gouvernement rwandais.

 

Depuis près de deux ans, les produits étiquetés «Made in Rwanda» se multiplient sur le marché local. Fabriquer et consommer rwandais est présenté comme une manière de révolutionner l’économie d’un pays. Pour cette cause, le thème le plus utilisé par les dirigeants est la «consommation patriote».


En soutenant «Made in Rwanda», le Ministère du Commerce a voulu surtout réduire la dépendance du pays à l’importation. En 2016, le Rwanda a dépensé presque deux milliards de dollars sur les produits importés (une augmentation de 439,39 millions de dollars par rapport à 2015), tandis que les exportations n’ont représenté que 621 millions de dollars de revenus.

«Pour avoir une industrie, dans le secteur textile ou agroalimentaire, il faut des mécanismes de promotion de l’industrie locale. Si nous laissons entrer tous les produits, alors cela décourage l’investissement dans le secteur.» – Ted Kaberuka, économiste rwandais

L’exposition s’est ainsi inscrite dans la dynamique d’insuffler un nouveau départ au tissu industriel du pays. Déjà, le gouvernement rwandais avait augmenté les taxes sur les produits importés, notamment le textile de seconde main en provenance des États-Unis. Il a aussi alloué des financements sous forme de crédits à des coopératives locales, en vue de se lancer dans l’industrie textile.

« Le secteur privé travaille d’arrache-pied pour atteindre l’objectif de réduire la facture d’importation de 50% d’ici 2020, grâce à la production locale.» – Benjamin Gasamagera, président de la Fédération du secteur privé

 

Valises made in Rwanda
panoractu.com

Accusé par le géant américain de pratiquer le protectionnisme, le gouvernement brandit l’argument d’une politique économique de libre-échange. Sur les marchés de Kigali, le manque de certains produits de première nécessité alimente les critiques, mais l’État reste inflexible sur sa volonté.

Et pour une meilleure efficacité, le Rwanda veut subventionner certains produits fabriqués sur place, dont le prix d’achat reste plus élevé que ceux qui sont importés.