Accueil Ambassadeurs

Les motos-taxis au Cameroun

PARTAGER
Motos-taxis près de la Grande Mosquée-Marché Centrale (Garoua)

Les Motos-taxis. Zoom sur une activité socio-économique qui a su s’imposer

En contexte africain, les motos-taxis désignent à la fois les engins à deux roues et leurs conducteurs. Ils sont habituellement utilisés pour le transport interurbain dans plus d’une ville en Afrique subsaharienne. La ville de Garoua, dans le Nord-Cameroun n’est pas en reste.

Ces acteurs du transport urbain assurent également le déplacement des points urbains vers les points ruraux et vice-versa. Ils sont ainsi considérés comme le moyen de transport en commun le plus rapide ; sont à la portée de toutes les couches sociales parce que relativement moins cher et permettent un accès facile aux destinations désirées. Et cela, contrairement aux taxis et bus qui ne circulent que dans les grandes allées, exigent souvent de « poches lourdes » et longues attentes pour les emprunter. L’expression locale Zémidjan en Fon, qui veut dire « Emmène-moi vite/prends moi et dépose moi [chez moi]»., une langue locale du Bénin illustre à souhait la stratégie qui a permis cette activité d’être valoriser. Au Tchad et Cameroun, ils sont appelés motos-taxisou mai-moto ou encore « Moto-taximan » en langue peuhle ; majoritairement parlée au Nord-Cameroun..

La floraison des motos-taxis se justifie par l’évolution des moyens de transport. Après l’ère de l’âne, du vélo, est venue celle de la moto et d’autres moyens de transport mieux adaptés aux besoins de transport. On note que dès 1988, les motos sont utilisées à Ngaoundéré (dans la région de l’Adamaoua/Cameroun). Toutefois, le contexte des années 1990, marqué par le vent de démocratie et les revendications des conférences nationales souveraines [dans certains pays de l’Afrique subsaharienne]ont boosté l’utilisation des motos-taxis comme moyen de transport. Ces engins avaient massivement été utilisés lors desdits mouvements populaires et sont par la suite devenus utiles pour le transport en commun.

Aujourd’hui, ils sont une activité à part entière. A Garoua, ils sont regroupés au sein d’un syndicat, qui hiérarchise et défend les intérêts de la profession. Des réunions sont aussi couramment organisées par ces derniers afin de régler les aléas du métier.